L’EVOLUTION 
DU «TRAVAIL» HUMAIN
dans la production capitaliste

REUNION «VERAMENTE»
Participants: 
animatrice culturelle, professeur, métallurgiste, vétérinaire, écrivain

La force de travail humain, achetée comme marchandise, correspond à un mode déterminé et limité de production et non à des données anthropologiques générales, Le piège est que, partout, les mécanismes de marché et leurs hiérarchisations sont présentés comme des manifestations naturelles.

Or, dans le capitalisme, nous n’avons que le rôle de supports de rapports de production et c’est l’échange marchand des produits et de la force de travail qui établit nos liens sociaux, eux aussi, déterminés. 
Nous n’avons, en substance, ni l’initiative, ni le contrôle des processus et des résultats de nos actes. 

Contrairement à ce que veulent nous faire croire les «courants économistes» et «l’idéologie néo-libérale», la production capitaliste est, dans son fondement, une circulation de marchandises, nous incluant comme forces de travail, lesquelles permettent aux capitaux de se mettre en mouvement et de croître. 
Les concrétisations du capitalisme, ses objectifs, ne seront jamais notre bien-être et notre développement humains.


















Quand nous achetons sur un marché, nous ne sommes pas des agents neutres. Certes, nous achetons des moyens de subsistance, des biens de consommation, mais en tant que complices du processus du Capital, puisqu’en même temps, nous achetons des moyens de production et notre force de travail, destinés à faire survivre, le plus longtemps possible, la redoutable entité.

Nous sommes plongés dans une machinerie qui capte les activités humaines et les prestataires interchangeables du «Travail», rendu abstrait.
Cette machinerie passe globalement par-dessus nos têtes et nous soumet à une dynamique qui nous échappe. L'ensemble des installations de production, des appareillages techniques et des moyens de communication, animés par cette pulsion de valorisation capitaliste, maintenant à l’échelle mondiale, s'impose à nous. 
Le plus grave est que nos relations entre humains s’établissent aussi par l'intermédiaire de ces marchandises et de leurs mouvements complexes continus. Et toutes nos pratiques actuelles sont modelées par la mise en extériorité d’une «socialité» qui serait humaine.

Enfin, élément important de compréhension, la «Valorisation du Capital», avec sa pulsion à l'augmentation, n'est pas une catégorie à laquelle on peut opposer du «Politique». 
L'échange de marchandises ne se fonde pas sur des relations sociales directes. Les humains, transformés en marchandises, n’œuvrent pas comme une communauté autonome. Et ils sont en perpétuelle concurrence sur les marchés. 

C’est donc le concept même du Capital qui met en place un sous-système politique qui lui est intégré, organiser pour tenter de gérer, y compris internationalement, ce concept, ses mouvements, sauts et reculs, les destructions, les guerres…

Les Etats politiques actuels sont donc créés par la logique du concept du Capital. Ils en sont l'autre face. Ils s'emparent aussi bien de l'espace que du temps. Ils organisent nos formations, décident des différentes modalités du travail salarié comme de leurs changements ou de leurs arrêts. Ils régissent notre consommation et ce qui l'accompagne: marchandisation universelle, design, promotions, technologies. Mais ils sont, eux aussi, incapables d’empêcher les auto-destructions et ce, malgré toutes les manigances politiques, tous les retournements d’alliances, car le Capital est, in fine, globalement auto-destructeur. 
Aucun objectif de plus juste répartition n’y pourra rien. 

La conclusion de cette réunion a été que nous devons désormais transmettre aux lecteurs de «VERAMENTE» notre conviction qu’il serait profondément erroné de limiter ainsi notre avenir social et d’accroître, au fil des temps, le malheur public. 

Une critique appropriée de ce Capitalisme - dont nous ressentons les limites intrinsèques à travers les misères, les chômages de masse suivis de rebondissements partiels, limités dans le temps, à travers les anarchies démographiques, les guerres mondiales, les migrations, les dégradations chaotiques de régions entières mais aussi en liaison avec notre détresse affective et mentale -  doit induire le plus vite possible

UNE DECONSTRUCTION, DANS NOS CERVEAUX,
DES FONDEMENTS PUIS DES MEANDRES EVOLUTIFS 
DE CE QUI N’EST QU’UN MOMENT ABERRANT
DE NOTRE HISTOIRE