«PENSER LE CAPITALISME»

REUNION «VERAMENTE»
Participants 
institutrice, animatrice culturelle, métallurgiste, vétérinaire, décorateur

Une pensée sociale critique doit faire preuve de sa capacité à analyser et à décrire la façon dont nous sommes insérés dans l’univers actuel. Il nous apparaît logique que nous devions faire et refaire cet exercice pour le rendre de plus en plus intelligible.

Le capitalisme achète notre «Travail», dont les caractéristiques l’établissent et le «valorisent». 
Les rapports quotidiens sont placés sous le signe de ces échanges marchands monétarisés. Et les travailleurs s’adaptent à cette incorporation en faisant abstraction d’autres choix de travaux et de ce qu’ils voudraient devenir comme êtres humains. 
Dans la circulation marchandises-capitaux, nous sommes abstraitement égaux et, par là même, rendus indifférents les uns aux autres mais, en même temps, en concurrence permanente.

Les formes de la valorisation dans son processus marchandises, argent, prix, salaires, concurrence, capital s’affirment comme les éléments qui régentent nos vies, en tant qu’individus et comme groupes. 
L’accumulation des compétences, le développement des cerveaux sont des propriétés du Capital. Et la «valorisation» de celui-ci engendre des illusions de développement mais aussi des désagrégations, des destructions sociales dramatiques. 
Des «emplois» en masse peuvent soudain être créés dans des secteurs nouvellement valorisants. 
Mais on assiste aussi à des destructions de zones entières, devenues obsolètes. 

Et il y a forcément des colères, des résistances face à des désastres incompris, face aux nivellements, aux modifications brutales des conditions de travail: oppositions à l’allongement de la durée du travail, à son intensification, à la stagnation de salaires, aux mises au chômage inopinées, massives, éclatées. 
Des foyers de révolte concernent aussi notre vie privée, nos relations familiales, amicales. Nous survivons difficilement en étant submergés  par l’indifférence et la froideur des rapports marchands. 

Enfin, il ne faut pas se dissimuler que de multiples façons de résister sont ambivalentes, dans la mesure où elles ne mettent pas en cause les fondements, l’essence du processus, lequel visera toujours à maintenir, le plus longtemps possible et n’importe comment, la valorisation du Capital.  

Pris dans les filets de cette valorisation, nous allons jusqu’à accorder des justifications à ce qui nous advient, à tant d’exclusions, de déchirements. Et nous en arrivons à nous identifier aux rapports capitalistes et aux hiérarchies sociales qui les gèrent. Nous acceptons et même répercutons les symboliques du Capital: la consommation sans mesure, les séductions publicitaires, l’accumulation en dents de loups, les fantasmes de la maîtrise, l’absence de solidarité dircte, compensée par des «services publics» imposés et anarchiques. 
Le Capital qui agresse réussit même ce tour de force de nous culpabiliser ou de nous manipuler pour transformer nos oppositions et nos résistances en aiguillons.

































La transformation de nos sociétés, leur transcendance, impliquent donc que soit mis fin au Concept même du Capital et que, l’ayant compris, nous devenions des individus beaucoup plus développés et autonomes, des adultes, capables de substituer de l’«humanité» 
à un univers infernal et auto-destructeur